Le premier terrain : soi-même
Dans la Famille Muntu, le premier travail ne porte donc pas sur l’adversaire, mais sur soi. Nous apprenons d’abord à reconnaître ce qui peut nous fragiliser : manque de discipline, impulsivité, peur, négligence, mauvaises habitudes, renoncement facile ou incapacité à se dépasser.
Ces faiblesses ne s’arrêtent pas à l’individu. Lorsqu’elles se répètent à l’échelle d’un groupe, elles deviennent aussi des faiblesses collectives. C’est pourquoi Ikemba commence par un travail sur soi : apprendre à se maîtriser, dépasser ses faiblesses, devenir plus fiable et comprendre que le renforcement de la communauté passe aussi par la transformation de ceux qui la composent.
Ndiatulu — la conduite à suivre
Se défendre ne signifie pas nécessairement combattre. Dans Ikemba, nous appelons Ndiatulu la conduite que nous suivons face à une situation. Le terme renvoie à une manière de se comporter et à une voie à suivre ; dans un vocabulaire contemporain, nous pourrions parler de protocole de conduite.
Le Ndiatulu nous apprend à lire une situation, à agir avec discernement et, autant que possible, à éviter qu’elle ne dégénère. Il encadre également la confrontation lorsqu’elle devient nécessaire : il guide notre conduite avant celle-ci et reprend immédiatement sa place lorsqu’elle prend fin.
Lorsque la confrontation ne peut être évitée, nous passons à ce que nous appelons Bimpa bia mvita, les « jeux de la guerre ». Cette dimension combattante n’est qu’un moment possible à l’intérieur d’une conduite plus large.
Ndiatulu avant, Bimpa bia mvita si nécessaire, Ndiatulu après : la force reste ainsi placée sous la responsabilité de la conduite.
Bimpa bia mvita — les jeux de la guerre
Dans le vocabulaire occidental, cette dimension serait généralement qualifiée de « martiale ». Mais ce terme porte lui-même une histoire : martial vient du latin martialis et renvoie à Mars, divinité romaine associée à la guerre.
Dans Muntu, nous ne nous définissons pas à partir de cette référence. Notre univers de pensée nous conduit notamment vers Montou, divinité de l’Égypte ancienne associée à la guerre et à la puissance combattante. C’est dans notre propre cadre que nous parlons de Bimpa bia mvita, les « jeux de la guerre », pour désigner la dimension combattante d’Ikemba.

De l’individu à la force collective
Ikemba ne peut cependant pas rester une philosophie individuelle. Ce que nous apprenons doit être travaillé, répété et maîtrisé jusqu’à devenir une capacité réelle. La cellule Ikemba est précisément la mise en commun et l’organisation de ce que chacun, au sein de Muntu, a appris à développer en lui-même.
La progression est simple : ce que nous apprenons individuellement nous permet d’abord de nous protéger ; cette capacité permet ensuite de protéger la Famille Muntu ; et la Famille Muntu, organisée collectivement, peut à son tour protéger les intervenants, les invités et le public qu’elle accueille.
Lors de nos événements, la cellule Ikemba donne une forme concrète à cette capacité collective. Elle veille à la sécurité des membres de la Famille Muntu, mais également à celle des personnes que nous recevons et des espaces dont nous assumons la responsabilité.
Il ne s’agit plus seulement de ce que chacun sait faire individuellement, mais de notre capacité à réunir ces compétences, à les coordonner et à les mettre au service d’un espace commun. La responsabilité devient alors collective : elle repose sur une organisation capable d’agir de manière cohérente.
La force n’a de sens que si elle peut être conduite avec discernement et placée au service de celles et ceux dont nous assumons la responsabilité.La force au service de la communauté
Cette capacité ne s’arrête pas aux événements de la Famille Muntu. La cellule Ikemba peut également mettre son expérience au service de particuliers, d’associations ou d’organisations qui souhaitent lui confier la sécurisation de leurs propres événements : mariages, conférences, cérémonies, rencontres culturelles, rassemblements associatifs ou événements privés.
Le nom Ikemba, d’origine igbo, renvoie à ike mba, « la force de la nation », avec cette idée de force du peuple ou de la communauté. Il donne ainsi son nom au mouvement décrit tout au long de cet article : une capacité qui se construit d’abord en chacun avant de pouvoir être mise au service des autres.
La force d’une communauté ne commence pas au moment où survient une menace. Elle se construit bien avant, dans la manière dont chacun apprend à se gouverner, à agir avec discernement et à devenir capable de répondre présent pour les autres.
Se construire pour pouvoir se défendre.
Se défendre pour pouvoir protéger les siens.
Renforcer les siens pour pouvoir servir le plus grand nombre.
